La vie doit reprendre ses droits

Un vendredi bien banal comme tous les autres à première vue. Quelques rires, une envie pressante d'être en weekend. Le vendredi 13, en général, il ne se passe pas grand-chose. Mais voilà, pour celui-là, des gens en ont décidé autrement.

 Il est 17h lorsque la nouvelle tombe. Ma collègue reçoit un message de notre autre collègue. "Il y a une fusillade à Paris me dit ma mère". "Pff, mais non !" s'écrit-elle. La suite, on la connait tous. 17h, c'est l'heure à laquelle on ferme boutique. Impossible d'aller en cours à 18h. Comment me concentrer face à ces événements, face à ce qui arrive à mon pays alors que je suis si loin, alors que je ne peux rien faire ? 

Je rentre chez moi dans l'attente d'avoir plus de nouvelles. Une demi-heure de transport, c'est long en "silvouplé". Les nouvelles s'accumulent derrière mon écran. J'envoie des messages à mes proches qui habitent Paris. "Ça s’est passé à 100m de chez moi", me répond une amie d'enfance. «On a failli aller dans ces endroits», m’avoue une autre. L’effroi.

La peur, l'angoisse, la colère, la rage, ne pas y croire, tout s'accumule. Et puis j'ai trouvé un article qui n'a rien arrangé. L'incompréhension me fait face, à moi et à mes colocs. Puis, les événements se terminent lentement et la soirée est déjà finie. Il est déjà 23h.

 

Avec la fatigue et les émotions, la nuit fut rude. On pense toujours qu'on a fait un cauchemar dans ces moments-là, mais non c'était bien réel. Tous les réseaux sociaux te le rappellent en pleine face. Plus rien ne se passe dans le monde, tout se déroule à Paris. "Ça te changera les idées de sortir", me dit-on. Comment te dire, mon pays a été touché au plus profond de son âme, de sa joie, de sa vie. Mon pays va mal, alors, même à 5000km de distance, je vais mal.

Voir l'élan de solidarité à travers le monde m'a traversé le coeur. Ce qui m'a le plus ému encore et lorsque mon école a mis le drapeau français sur plusieurs de ses pavillons, dont l’un dans lequel j’ai tous mes cours. Le recteur nous a même envoyé une lettre de soutiens. Je me suis senti soutenu par toute la communauté uqamienne et même par le Québec. Le vendredi soir et tout au long du weekend, des périodes de recueillements ont été organisés par les gens, Français, Québécois et autres nationalités à travers la ville.

Lundi fait son retour et les nouvelles s'atténuent. Les gens font encore certains, hommages, les télévisions en parlent encore un peu, mais les choses se calment. Enfin, comment pouvons-nous devenir calmes après ce qui s’est passé il y a seulement quelques jours ? Je ne pense pas que l'on puisse. Puis, les actions du gouvernement se mettent en place, les opinions des gens arrivent et les débats se développent. 

Et malgré tout, la vie reprend son cours. Le travail continu, les cours se poursuivent.

La vie continue, il faut faire avec. Continuons à vivre pour ces gens qui ne pourront plus, pour ces héros qui sont morts et qui ont sauvé des vies et pour montrer aux autres qu'ils ne sont pas près de détruire notre mode de vie, notre culture, notre pays.

Je ne prierai pas pour Paris, car prier pour moi et un acte religieux. Je ne pris jamais, car je ne suis pas croyante. Non je ne prierai pas, mais je soutiens le peuple français, les Parisiens en deuil, les Français à l'étranger. Je soutiens mon pays dans ce moment de douleur.

J'avais besoin d'en parler, de m'exprimer sur les événements malgré la distance qui s'impose à moi. Je suis loin de mon pays, mais toute autant présente pour lui. Ce fut un long weekend qui marquera pour longtemps la notion du vendredi 13 dans ma tête. L'article qui précède celui-là était programmé pour samedi que j'ai déplacé à hier. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps de faire ce billet avant. Je n'ai pas déplacé mon article, car je l’avais un peu oublié. Le cours de la vie reprend, tout comme les articles qui vont se poursuivre sur mon blog. Certes, j'aurai peut-être dû. Il est peut-être encore un peu tôt pour rigoler. 

C'est un peu un billet de transition, qui ne sert pas vraiment à grande chose, à par vous dire que même de Montréal, les Français sont ensemble pour leur pays. Il faut maintenant reprendre notre vie et continuer à vivre comme on le faisait.

La peur est omniprésente, mais elle ne doit pas nous arrêter.

Ça vous dit, on continu ensemble, dans la joie, la vie, sans oublié hier, mais en pensant à demain ?

La vie doit reprendre ses droits
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